Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey a déploré la recrudescence des violences xénophobes enregistrées ces derniers mois en Afrique du Sud. Il estime que les dirigeants du pays devraient réagir pour mettre fin à ce qu’il qualifie de “honteux” pour le continent.
Afrique du Sud : le Togo invite les dirigeants à mettre fin aux violences xénophobes
Regrettables, les scènes de violences qui se jouent en Afrique du Sud. Le pays dirigé par Cyril Ramaphosa connaît sa pire vague de violence anti-migrants depuis les pogroms de 2008 et 2015. Un mouvement opposé à l’immigration irrégulière a sommé tous les « étrangers sans-papiers de quitter le pays avant le 30 juin ». En réponse, le Nigeria, le Ghana et le Malawi ont rapatrié plusieurs centaines de ressortissants, tandis que l’Afrique du Sud elle-même a rapatrié 2 745 étrangers après la promesse du président de durcir la lutte contre l’immigration illégale, rapporte Africanews.
Début juin, des émeutes à Mossel Bay ont fait deux morts mozambicains qui sont d’ailleurs les premiers étrangers tués depuis le début de la campagne, rapportent plusieurs médias du pays consultés par Africaho. À Johannesburg par exemple, Afriqueinfos rapporte que des groupes armés de machettes ont pris pour cible Zimbabwéens, Nigérians, Mozambicains et Congolais, sans distinction. Des violences xénophobes qui ont fait réagir l’ONU s’est alarmée. Le chef de l’Organisation Mondiale de la Santé quant à lui, a dénoncé une « trahison tragique » de l’héritage du pays, appelant à privilégier l’État de droit sur les représailles.
“Une honte”, déplore le patron de la diplomatie togolaise
Interrogé sur «Moment de vérité» de la chaine Afo Média, le ministre des Affaires étrangères du Togo a d’abord rappelé que l’Afrique du Sud reste et demeure amie à son pays. “Je pense qu’il y a eu quelques condamnations un peu timides”, a-t-il relevé pour diminuer la lourdeur de la question du journaliste Alain Foka qui accusait vertement les pays d’Afrique d’avoir opté pour le silence.
Toutefois, Robert Dussay estime que le président Cyril Ramaphosa et son gouvernement doivent prendre les dispositions pour s’exprimer clairement sur la situation. Car, déplore-t-il, “c’est une honte que nous devons assumer mais pas y demeurer”.
Mais dans un message à la nation diffusé dimanche 7 juin dernier, le président sud-africain a réfuté les accusations d’existence d’une xénophobie structurelle dans son pays. « Nous savons que le peuple sud-africain n’est pas xénophobe. D’ailleurs il n’y a aucune place pour la xénophobie, le racisme, le sexisme, l’afrophobie ou toute autre forme d’intolérance. En tant que communauté et en tant que société, nous ne devons pas nous laisser corrompre par ceux qui veulent que nous nous retournions vers ceux qui ne sont pas nés sur notre territoire. Nous n’autoriserons pas que des groupes utilisent les préoccupations légitimes de nos concitoyens pour déstabiliser le pays et inciter au repli sur soi et à la violence », a-t-il martelé.
À quand donc la fin des scènes de violences qui continuent de choquer notamment sur les réseaux sociaux ?
