Paul Biya, toujours absent du Cameroun depuis le 7 juin 2026, vient de signer une série de décrets procédant à un remaniement d’envergure au sommet des forces armées. Ces textes nomment cinq nouveaux généraux de brigade, désignent six nouveaux commandants territoriaux dans quatre régions militaires interarmées et installent un nouveau major général à l’état-major des armées.
Cameroun : Paul Biya nomme un nouveau général de l’état-major des armées
La garde présidentielle change de statut au Cameroun. Le décret le plus symbolique concerne la garde présidentielle. Raymond Jean Charles Beko’o Abondo, qui commande cette unité d’élite depuis treize ans, est promu général de brigade et maintenu à son poste. C’est une première dans l’histoire de cette unité créée en 1985. Car, jamais encore elle n’avait été placée sous le commandement d’un officier de ce grade. Un signal fort, selon les spécialistes des questions sécuritaires, qui y voient une marque de confiance renouvelée envers cet homme de l’ombre.
À l’état-major des armées, le général de division Ebaka Hippolyte prend le poste de major général, en remplacement de son prédécesseur admis en deuxième section le 28 juillet dernier.
Des nominations qui ont une portée politique
Ces décrets ne sont pas que techniques. Ils couvrent des zones stratégiques : le Centre, siège des institutions, le Sud, l’Est frontalier avec la Centrafrique, le Littoral, le Sud-Ouest en zone anglophone, l’Adamaoua, le Nord et une partie de l’Extrême-Nord où l’armée combat Boko Haram. Un verrouillage du dispositif sécuritaire qui répond aussi à une logique politique dans un pays où l’armée est un pilier du pouvoir.
« Personne ne peut procéder à de telles nominations au sein de l’armée hormis le chef de l’État », souligne sous anonymat un colonel à la retraite, levant ainsi implicitement tout doute sur l’incapacité présidentielle.
L’opposition pas convaincue avec l’absence de Paul Biya qui devient long
Dans les rangs de l’opposition, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) prend acte des nominations sans pour autant se satisfaire de ces signaux. Justin Noa, secrétaire général du parti, réclame des preuves plus tangibles de l’exercice réel des fonctions présidentielles, pointant notamment la formation d’un nouveau gouvernement annoncée depuis fin décembre 2025 par Paul Biya et toujours attendue.
La question de l’absence du président — désormais à plus de 57 jours hors du territoire — reste entière. Ces décrets signés depuis l’étranger ne font que l’alimenter davantage.
