Bénin : 03 choses à retenir de la rencontre entre Romuald Wadagni et les AME

Africaho
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Romuald Wadagni, président de la République du Bénin. @PR

Au Bénin, les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) ont échangé ce vendredi 11 septembre 2026 avec le président Romuald Wadagni au Palais de la Marina. Plusieurs critères et modalités ont été arrêtés pour encadrer leur intégration progressive dans la fonction publique.

Intégration des AME : le gouvernement annonce une nouvelle étape pour des milliers d’enseignants

C’est une annonce qui devrait susciter un soulagement chez de nombreux enseignants. Les représentants des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) ont été reçus ce vendredi par le président Romuald Wadagni, au terme d’une séance de travail consacrée notamment à leur intégration.

Longtemps portée comme une revendication majeure par les AME, la question de leur stabilisation professionnelle semble désormais en voie de concrétisation. Au terme de leurs échanges ce vendredi avec le Chef de l’Etat, il a été retenu plusieurs principes devant encadrer leur intégration dans la fonction publique, avec pour objectif d’assurer une intégration progressive et équitable.

Trois contrats successifs comme principal critère

Selon le compte rendu des échanges, publié par Serge Nonvignon, responsable à la direction de la communication de la présidence, le gouvernement a retenu comme critère fondamental le bénéfice de trois contrats successifs en qualité d’AME.

À ce premier critère s’ajoutent deux paramètres destinés à organiser l’opération. Le premier concerne l’ordre de traitement des différentes promotions. La promotion de 2019, qui représente à elle seule plus de la moitié de l’effectif global des AME, sera traitée en priorité. Son intégration devra être entièrement finalisée avant le passage aux promotions suivantes.

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Le second critère porte sur l’âge. Le dispositif devrait s’appuyer sur les dispositions de l’article 12 du Statut général de la Fonction publique, qui fixe notamment la limite à 35 ans pour les catégories C et D et à 40 ans pour les catégories A et B.

Cette prise en compte de l’âge vise notamment à permettre aux futurs agents de disposer du temps nécessaire pour atteindre la durée minimale de cotisation de 15 ans ouvrant droit à une pension de retraite.

Pas de nouveau test, le recrutement sur titre privilégié

Autre point important annoncé à l’issue des échanges. Les AME concernés ne devraient pas être soumis à un nouveau test d’évaluation dans le cadre d’un reversement.

L’option du reversement, qui aurait impliqué une nouvelle évaluation, a été écartée au profit d’un recrutement progressif sur titre.

Le principe retenu consiste ainsi à prendre en compte la qualification professionnelle déjà acquise par les enseignants à travers leur expérience sur le terrain.

Une orientation qui devrait être particulièrement suivie par les AME, dont l’intégration constitue depuis plusieurs années un sujet majeur de revendication.

Les AME intégrés sous le statut d’ACDPCTD

Sur le plan administratif, le gouvernement prévoit l’intégration des enseignants concernés sous le statut d’Agent Contractuel de Droit Public des Collectivités Territoriales Décentralisées (ACDPCTD). Ce choix est présenté comme une solution permettant de sécuriser davantage leur situation professionnelle et sociale.

Les futurs agents devraient notamment bénéficier d’une affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), organisme auprès duquel les AME cotisent déjà. L’objectif est ainsi d’éviter d’éventuelles complications administratives liées à leur parcours professionnel.

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Le nouveau dispositif devrait également permettre une gestion de carrière impliquant à la fois les ministères en charge de l’enseignement et les collectivités territoriales décentralisées.

Autre avantage mis en avant : l’amélioration de l’accès aux services financiers. Le statut devrait faciliter l’accès aux crédits bancaires et à certains services financiers, permettant aux enseignants de mieux concrétiser leurs projets personnels.

Inutile de souligner que la présente rencontre a également associé les ministres en charge du Budget et de la Fonction publique, de l’Enseignement secondaire ainsi que de l’Enseignement supérieur. Les représentants des organisations faîtières des AME ont eux aussi participé aux échanges.

Les centrales syndicales les plus représentatives ont, en ce qi les concerne, pris part à la concertation. La COSI-Bénin, la CSA-Bénin et la CSTB ont entre autres, salué la décision annoncée, considérée comme une avancée en faveur des acteurs du système éducatif.

La priorité accordée à la promotion de 2019, le recrutement sur titre et l’adoption du statut d’ACDPCTD constituent ainsi les principaux piliers du mécanisme annoncé.

Reste désormais l’étape de la mise en œuvre effective. Pour les milliers d’AME concernés, l’enjeu sera de voir ces engagements se traduire concrètement par leur intégration progressive et par une amélioration durable de leurs conditions de carrière.

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