Au Bénin, les forfaits Internet mensuel dits « illimités » à 5 000 et 10 000 FCFA ont disparu des grilles commerciales des MTN et Moov. Pour bénéficier d’une formule mensuelle avec navigation maintenue après épuisement du volume principal, il faut désormais débourser au moins 15 100 FCFA. Une hausse qui provoque une vague de mécontentement.
Moov et MTN : les abonnés mécontents de la hausse du coût des forfaits illimités
Colère chez les abonnés de Mtn et Moov depuis quelques heures au Bénin. Sans autre forme de communication, les deux opérateurs ont procédé à l’augmentation des tarifs des forfaits illimités. Et cette haute n’est pas négligeable. Chez MTN Bénin par exemple, le premier forfait mensuel dit illimité est désormais à 15 100 FCFA, avec 20 Go de données avant réduction du débit à 1 Mbps. Moov Africa propose pour sa part, une formule similaire au même prix, avec 25 Go avant limitation. Les deux opérateurs proposent ensuite des offres à 20 000, 25 000 et 30 000 FCFA.
Un changement qui contraste d’ailleurs avec les tarifs encore recensés dans l’Observatoire des tarifs de l’Arcep Bénin au 31 mars 2026, qui mentionnait des forfaits à 5 000 FCFA (environ 11,6 Go) et à 10 000 FCFA (environ 23 Go) chez les deux opérateurs. La hausse représente entre 5 100 FCFA de plus par rapport à l’ancienne formule à 10 000 FCFA, et plus du triple pour les anciens abonnés au forfait à 5 000 FCFA.
Un marché encadré par le régulateur
La colère des internautes vise principalement MTN et Moov Africa. Mais cette lecture passe en partie à côté du fonctionnement réel du marché béninois des télécommunications. Les opérateurs ne fixent pas librement leurs tarifs : leurs offres sont soumises aux règles établies par l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep Bénin), qui peut imposer des plafonds mais aussi des tarifs planchers pour éviter les pratiques anticoncurrentielles.
Selon les éléments ayant alimenté la polémique, l’encadrement tarifaire de la donnée serait désormais compris entre 1,2 et 3,1 FCFA par mégaoctet. Sur cette base, certaines offres promotionnelles qui permettaient auparavant d’obtenir un gigaoctet autour de 500 FCFA seraient devenues incompatibles avec le cadre réglementaire en vigueur.
29 % du SMIG pour se connecter
La question du pouvoir d’achat est au cœur du débat. Avec un SMIG fixé à 52 000 FCFA, un forfait mensuel à 15 100 FCFA représente environ 29 % du salaire minimum. Pour un étudiant, un jeune entrepreneur ou un salarié au bas de l’échelle, le coût de la connexion Internet devient comparable à certaines dépenses essentielles, au moment même où la connexion est devenue indispensable pour étudier, travailler, payer ses factures ou accomplir des démarches administratives.
Les pages Facebook et MTN et Moov devenus des réservoirs de mécontentement des abonnés
Sur les pages Facebook des deux opérateurs, les abonnés ne se retiennent pas. « On dit souvent que le client Roi. Mais avec les réseaux GSM au Bénin le client est Esclave. Sinon comment comprendre du jour au lendemain réseaux GSM au Bénin prennent la décision d’augmenter les prix tarifaires sans prévenir les clients. », a déploré sur la page de MTN, Chérifou Dine Wahabou. Plus loin chez les abonnés de Moov, c’est presque des menaces à peine voilées. « On comprend maintenant le pourquoi vous nous disiez qu’un nouveau monde nous attend », a écrit Cephas Boko sur la page Facebook de l’opérateur GSM.
Pour l’heure, l’Arcep n’a pas encore détaillé publiquement les critères ayant conduit à cette évolution tarifaire. Le débat dépasse désormais les seuls opérateurs pour pointer vers le régulateur, la fiscalité du secteur et la vision des pouvoirs publics sur la place de l’Internet dans le développement économique et social du pays.
