Au Niger, le régime du général Abdourahamane Tiani à travers une note circulaire adressée à ses représentations diplomatiques, a demandé aux chefs de mission d’assurer une veille active sur les contenus diffusés à l’étranger et jugés hostiles aux autorités de transition.
Niger : les ambassades chargées de surveiller les critiques contre le régime à l’étranger
Le Niger mobilise son réseau diplomatique pour traquer les critiques en ligne. Par un document, daté de la fin du mois de juin, invite les ambassades et consulats du Niger à identifier les publications en ligne considérées comme diffamatoires, injurieuses ou susceptibles de porter atteinte à l’image des institutions nigériennes. Les diplomates sont chargés de collecter des éléments de preuve, notamment des captures d’écran, des liens internet et les identifiants des auteurs des publications concernées.
Depuis leur prise de pouvoir après le coup d’État contre le président Mohamed Bazoum, le régime militaire de Tiani de Niamey est régulièrement accusé par plusieurs organisations de défense des droits humains de restreindre les libertés publiques, en particulier la liberté d’expression.
C’est donc une mobilisation de la diaspora qui est ainsi sollicitée dans la note circulaire du ministère nigérien des affaires étrangères, consultée par Africaho. La circulaire ne s’adresse pas uniquement aux représentations diplomatiques. Le ministère recommande également aux chefs de mission de solliciter, lorsque cela est jugé nécessaire, le concours du Haut Conseil des Nigériens de l’Extérieur (HCNE) ainsi que des associations de la diaspora.
Les diplomates sont en outre invités à rappeler aux ressortissants nigériens vivant à l’étranger les conséquences auxquelles ils pourraient s’exposer en cas de diffusion de contenus considérés comme attentatoires aux autorités de leur pays.Le texte prévoit également la possibilité de coopérer avec les autorités des pays d’accueil dans le cadre de cette veille.
Le Haut Conseil des Nigériens de l’Extérieur du Canada refuse de jouer le rôle de contrôleur
La démarche n’a toutefois pas fait l’unanimité au sein de la diaspora. Au Canada, le Haut Conseil des Nigériens de l’Extérieur a indiqué avoir été officiellement sollicité par les services consulaires nigériens.
Dans une réponse adressée aux autorités diplomatiques, l’organisation rappelle son caractère « apolitique et laïc » et estime que le contrôle ou l’évaluation des opinions exprimées par les Nigériens vivant à l’étranger est incompatible avec sa mission.
Le HCNE affirme que son rôle consiste avant tout à accompagner, protéger et représenter la communauté nigérienne installée au Canada. En lieu et place d’une mission de surveillance, l’organisation propose plutôt d’instaurer un dialogue régulier avec les autorités sur les réalités sociales, économiques et politiques du Niger.
