Bénin : Soglo, Talon, Batoko, Hounkpè, Amadou … qui pour diriger le Sénat ?

Paul Danongbe
5 min
Patrice Talon, Nicéphore Soglo, Ousmane Batoko et Paul Hounkpè @Collage Africaho

Au Bénin, les membres du Sénat, institution instaurée en décembre 2025 par révision constitutionnelle seront installés dans les prochains jours de ce mois de juillet, apprend Africaho. Mais entre les membres de droit et ceux à la fois désignés par le président Romuald Wadagni et l’Assemblée nationale, qui pour diriger l’institution ?

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Sénat au Bénin : Patrice Talon prendra-t-il la tête de l’institution ?

À peine désignés pour siéger aux côtés des membres de droit, Ousmane Batoko, Paul Hounkpè, Pascal Irénée Koupaki et leurs homologues, prennent déjà part à des discussions soutenues en vue de leur installation prochaine au titre de sénateurs. Réuni le mercredi 1er juillet 2026, le Conseil des ministres avait procédé à leur nomination pour siéger au sein de la nouvelle chambre haute du Parlement béninois, instituée par la révision constitutionnelle adoptée dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025.

Dans le rang des 25 membres que compte l’institution, le Sénat intègre automatiquement les anciens présidents de la République Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon, les anciens présidents de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Idji Kolawolé, Mathurin Nago et Louis Vlavonou, ainsi que les anciens présidents de la Cour constitutionnelle Théodore Holo, Robert Dossou et Elisabeth Pognon.

Au titre des personnalités civiles directement désignées par le président de la République figurent Ousmane Batoko, Raïmi Amadou, Paul Hounkpè, Emmanuel Tiando et Pascal Irénée Koupaki. Cinq autres personnalités ayant exercé des responsabilités au sein des Forces de défense et de sécurité ont également été désignées. Il s’agit notamment d’Alassane Seidou, Fortunet Alain Nouatin, l’intendant général de brigade Robert Gbian, le général de brigade aérienne Taffa Adam et le capitaine de vaisseau major Albert Ezin Badou. L’Assemblée nationale a quant à elle envoyé Adidjatou Mathys, Abraham Zinzindohoué, Sacca Lafia et Charles Toko.

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Patrice Talon, président du Sénat ?

C’est la question que se posent encore de nombreux Béninois. Si l’ex président, architecte de la réforme constitutionnelle qui a créé cette institution ne s’est pas clairement prononcé sur sa disponibilité à présider l’institution, c’est pourtant son nom qui revient le plus souvent. Interrogé à la sortie des urnes le 12 avril dernier lors de la présidentielle, Patrice Talon avait apporté des précisions sur la mise en place du Sénat sans toutefois se prononcer clairement sur une éventuelle candidature à sa présidence. “L’essentiel est de pouvoir apporter sa sagesse, sa prière, sa protection à un peuple qu’on a servi, qu’on a aimé, à qui on a donné autant de dévouement”, avait-il d’ailleurs laissé entendre sans clairement répondre à la question de savoir s’il présidera l’institution.

Mais pour de nombreux observateurs de la vie sociopolitique, Ousmane Batoko constitue l’autre profil incontournable. Ancien président de la Cour suprême, personnalité juridique respectée et désignée directement par le président Wadagni, il incarne le profil de l’homme de consensus que requiert cette institution présentée comme un « conseil des sages ». De l’autre côté, Paul Hounkpè, candidat malheureux à la présidentielle d’avril 2026 face à Wadagni, fait également partie des noms circulant pour la présidence. Sa désignation par le chef de l’État au sein de l’institution pourrait être lue comme un geste d’ouverture politique, voire comme le signe d’une ambition présidentielle au sein de la chambre haute.

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Au Bénin, le Sénat est une institution avec pour mission de réguler la vie publique, d’assurer la médiation et de veiller à la consolidation de l’équilibre démocratique. Une vocation qui appelle d’ailleurs à sa tête une personnalité au-dessus des clivages partisans, capable de faire autorité auprès de l’ensemble des acteurs politiques du pays. Pour l’heure, la date d’installation officielle des membres (liste complète) n’a pas encore été annoncée. Mais qui va diriger le Sénat ? En attendant la réponse, les Béninois retiennent encore leur souffle.

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  • « Au Bénin, le Sénat est une institution avec pour mission de réguler la vie publique, d’assurer la médiation et de veiller à la consolidation de l’équilibre démocratique. Une vocation qui appelle d’ailleurs à sa tête une personnalité au-dessus des clivages partisans, capable de faire autorité auprès de l’ensemble des acteurs politiques du pays » Comment arrivez-vous à citer le nom Paul HOUNKPE malgré cette phrase que vous même vous avez écrite. Je trouve qu’il y a quelque chose qui cloche…

    • Bonjour M. Patinvoh. Votre intérêt pour nos productions nourrit notre engagement à continuer à vous servir une information de qualité. Les personnalités membres que nous avons citées dans notre article ne font pas l’objet d’une liste exhaustive. Tout membre qui y siège est qualifié pour présider même si le bon sens pousserait la perception collective vers les membres de droit. Le débat reste donc à notre sens ouvert.

    • Le fait que Talon soit le précurseur de cette institution suffit de l’honorer pour lui confiant la présidence. De plus, il pouvait être tenté par un troisième mandat. Beaucoup de facteurs qui peuvent concourir au choix de Talon pour la présidence de cette prestigieuse institution

  • « Une vocation qui appelle d’ailleurs à sa tête une personnalité au-dessus des clivages partisans, capable de faire autorité auprès de l’ensemble des acteurs politiques du pays. »
    En tant que citoyen, cette exigence m’interpelle, aussi juste soit-elle sur le principe. Car lorsqu’on examine les noms qui circulent actuellement dans la presse comme potentiels prétendants à la présidence du Sénat, une question s’impose : ces personnalités répondent-elles véritablement à ce critère d’impartialité et d’autorité transpartisane ?
    La plupart des noms évoqués sont, à des degrés divers, connus pour leur appartenance à tel ou tel camp politique, certains devant même leur notoriété à leur engagement partisan. Comment, dès lors, les présenter comme des figures capables de rassembler au-delà des clans et des sensibilités ? Il y a là une forme de contradiction que la presse elle-même semble effleurer sans la nommer clairement : on pose une exigence d’impartialité tout en laissant entendre que les seuls candidats crédibles sont ceux qui émanent des rangs du pouvoir ou de la majorité parlementaire.
    Il y a pourtant une piste que nos autorités auraient pu explorer, si elles œuvraient réellement pour l’enracinement véritable de la démocratie et pour continuer d’étonner le monde comme le Bénin a su le faire par le passé : associer à cette réflexion une haute personnalité de l’Église catholique de notre pays.
    L’histoire nous en offre un précédent éloquent. Souvenons-nous de la Conférence nationale des forces vives de la nation, présidée par un homme d’Église, dont la neutralité et l’autorité morale avaient permis d’apaiser les tensions et de poser les fondations de notre démocratie. Ce modèle a fait école, non seulement au Bénin, mais a véritablement fait tache d’huile à travers l’Afrique et au-delà, inspirant d’autres nations dans leurs propres transitions démocratiques.
    Pourquoi ne pas s’inspirer à nouveau de cet exemple ? Une personnalité religieuse, par nature éloignée des calculs partisans et jouissant d’une autorité morale reconnue de tous, aurait pu incarner justement cette exigence d’impartialité que la presse elle-même appelle de ses vœux. Cela ferait sans doute beaucoup plus école, et nous arrangerait véritablement, nous, citoyens en quête de repères crédibles et rassembleurs.
    Ce n’est pas une accusation, c’est une simple observation de bon sens. Si l’on veut vraiment un Sénat qui incarne l’équilibre et la sagesse, il faudrait peut-être commencer par être cohérent entre ce qu’on exige et les noms que l’on propose. En attendant, nous, citoyens, continuons d’observer, avec l’espoir que la raison finira par l’emporter sur les calculs politiques.

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