Le général Abdourahamane Tiani, a signé un décret portant déchéance provisoire de la nationalité nigérienne de Mariama Djibrine, connue sous le nom de Mayra. La décision, rendue publique jeudi 11 juin 2026, vise la présidente de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), une organisation récemment créée par des opposants et acteurs de la société civile des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Niger : la présidente de l’ADS déchue de sa nationalité par décret présidentiel
Abdourahamane Tiani retire provisoirement la nationalité à l’opposante Mariama Djibrine. Selon un communiqué du Secrétariat général du gouvernement, la mesure s’appuie sur les dispositions de l’ordonnance n°2024-43 du 27 août 2024, modifiée en octobre de la même année. Ce texte prévoit notamment l’inscription sur un fichier spécial des personnes ou entités accusées d’actes portant atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ou à la sécurité publique.
Les autorités reprochent à Mariama Djibrine plusieurs faits, notamment la diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public, l’incitation à la révolte ainsi que des actes qualifiés d’intelligence avec une puissance étrangère. Le décret prononce sa déchéance provisoire de la nationalité nigérienne, sans préciser les voies de recours dont elle pourrait disposer.
Quelques heures après l’annonce de cette décision, l’intéressée a réagi sur les réseaux sociaux. « On peut retirer une nationalité, mais on ne peut pas retirer une conviction. Les régimes passent, les convictions demeurent », a-t-elle écrit, réaffirmant sa détermination à poursuivre son engagement politique.
Mariama Djibrine perd momentanément sa nationalité dans un contexte de vives critiques portées par l’émergence de l’Alliance des Démocrates du Sahel. Lancée récemment à Bruxelles par des ressortissants nigériens, maliens et burkinabè vivant principalement en exil, l’organisation se présente comme un mouvement favorable au retour à l’ordre constitutionnel et à la défense des libertés publiques dans les pays dirigés par des régimes militaires.
Dans une récente déclaration à l’AFP, Mariama Djibrine expliquait que cette initiative était née de la volonté de « ne pas accepter la fatalité » et de « ne pas laisser nos pays s’effondrer ». Des propos qui illustrent la ligne politique de cette nouvelle organisation, déjà dans le viseur des autorités nigériennes.
