Sénégal : trois chroniqueurs pro-Pastef jugés pour avoir prié pour la mort de « celui qui a trahi »

Mohamed Fousso
3 min
Palais de justice de Dakar

Au Sénégal, trois chroniqueurs proches du Pastef comparaissent ce mercredi 5 août 2026 devant la justice. Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba, du média Feeñal Digital, sont poursuivis pour offense au chef de l’État et discours contraire aux bonnes mœurs, après la diffusion sur TikTok d’une vidéo dans laquelle ils priaient pour que le malheur et la mort frappent « celui qui a trahi le projet du Pastef ».

Ad imageAd image

Sénégal: ouverture du procès des trois chroniqueurs proches du Pastef pour offense au chef de l’État

Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba sont poursuivis pour offense au chef de l’État après une vidéo diffusée sur TikTok dans laquelle ils priaient pour que le malheur et la mort frappent « celui qui a trahi le projet du Pastef ». Proches du Pastef, ils comparaissent ce mercredi 5 août devant la justice. Une formule largement interprétée comme visant le président Bassirou Diomaye Faye, sans que son nom ne soit jamais prononcé.

Lire aussi :  Cameroun : Paul Biya recompose son armée depuis l'étranger, le mystère de son absence pèse encore !

Selon nos informations, ils ont été arrêtés dans leur rédaction. Les trois hommes avaient été interpellés le 28 juillet dans les locaux mêmes de leur rédaction, sur autosaisine du procureur de la République. Détenus depuis lors, ils sont jugés en urgence. Leur affaire s’inscrit dans une séquence de tensions croissantes entre le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko, depuis le limogeage de ce dernier de la Primature en mai dernier.

L’argument central de la défense

Me Aby Nar Ndiaye, leur avocate, conteste la qualification retenue. Pour elle, l’infraction d’offense au chef de l’État n’est pas constituée dès lors que le président n’est pas explicitement désigné dans la vidéo incriminée. Si la diffamation peut, selon elle, s’appliquer sans citer de nom, l’offense au chef de l’État suppose une désignation explicite. Elle plaide pour une relaxe, assurant que ses clients ne visaient pas le président de la République.

Lire aussi :  Côte d'Ivoire : Hervé Renard fait son grand retour à la tête des Éléphants

Face aux enquêteurs, les trois chroniqueurs avaient soutenu la même ligne : il s’agissait d’une discussion entre amis, sans cible précise.

La défense déplace également le débat sur le terrain politique, dénonçant une présumée persécution de la jeunesse acquise à la cause d’Ousmane Sonko. Une lecture que renforce un précédent récent. Il y a quelques jours, Adama Ndiaye, une commerçante de Touba, a été condamnée à six mois de prison dont un mois ferme pour des propos tenus contre le chef de l’État lors d’un live TikTok.

Tags :
Partager cet articles
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *