Au Sénégal, Ousmane Sonko menace de faire tomber le gouvernement

Paul Danongbe
4 min
Ousmane Sonko, Président de l'Assemblée nationale du Sénégal.

À Touba où il inaugurait le nouveau siège du Pastef, Ousmane Sonko a tiré à boulets rouges sur Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement. Le président de l’Assemblée nationale, fort de sa large majorité parlementaire, a menacé sans détour de renverser le gouvernement par le biais de motions de censure, « autant de fois qu’il sera nécessaire ».

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« Nous avons des leviers pour lui faire face », Sonko à Diomaye Faye

Bassirou Diomaye Faye devrait-il se soucier des rapports institutionnels entre l’exécutif et le législatif au Sénégal ? Oui, est-il loisible de répondre au regard des déclarations du président de l’Assemblée nationale dimanche dernier à Touba. Lors de l’inauguration du siège de son parti dans cette région du Sénégal, le président de Pastef a manifestement décidé d’utiliser tous les leviers et sans retenue dont dispose le parlement dont il est aussi le Chef.

Ousmane Sonko accuse notamment le chef de l’État de trahir le projet souverainiste pour lequel il a été élu. Il pointe en particulier le renoncement présumé à la renégociation des contrats stratégiques avec des multinationales sur la gestion des ressources naturelles, notamment le phosphate. Pour lui, l’exécutif est en train de « détricoter » ce qu’il avait construit pour préserver les intérêts du Sénégal.
Sa charge la plus virulente vise cependant un autre angle. « Il faut que les Sénégalais sachent qu’ils ne sont nullement la préoccupation de Bassirou Diomaye Faye », a-t-il lancé devant ses partisans.

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Il accuse le chef de l’État de consacrer son temps et son énergie à la création de son propre parti politique plutôt qu’à la gestion des urgences du pays. « Quel président peut se permettre d’avoir le temps de convoquer, du matin au soir, au Palais de la République, des gens pour former un nouveau parti politique au moment où la dette est quasi impayable, où il n’y a aucun programme avec le FMI, où l’hivernage est avec autant d’incertitudes, où ça chauffe dans tous les secteurs de la vie socio-économique ? », a-t-il interrogé.

La conclusion de son discours ne laisse aucune place au doute sur ses intentions. « Nous allons lui faire face. Nous avons l’Assemblée nationale, donc nous avons des leviers pour lui faire face », a-t-il déclaré en wolof. Avec 130 des 165 sièges du parlement, le Pastef dispose effectivement d’une majorité écrasante pour déposer et faire adopter une motion de censure à tout moment.

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Le premier ministre répond à Ousmane Sonko

Face aux propos du président de l’Assemblée nationale, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a apporté une cinglante réplique à celui à qui, il a succéder à la Primature. « Chercher à faire du patriotisme le monopole d’un seul camp revient, précisément, à le trahir ». Inutile de rappeler que ces propos se tiennent dans un contexte tendu au Sénégal avec le bras de fer entre Sonko et Diomaye Faye, devenus des adversaires politiqus après avoir arraché le pouvoir à Macky Sall en 2024.

Le 9 juillet, le Conseil constitutionnel avait invalidé un texte voté par l’Assemblée nationale porté par le Pastef, révisant l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le parlement. Un décision considérée par les partisans de la Coalition Diomaye comme un camouflet au camp Sonko. Jusqu’où seront-ils capables d’aller dans cette guéguerre à laquelle, très peu de Sénégalais qui les avait portés ont pensé quand ils venaient au pouvoir?

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