Bénin : Officiel, Boni Yayi a finalement accepté de siéger au Sénat !

Paul Danongbe
5 min
Boni Yayi et Romuald Wadagni au Palais des Congrès de Cotonou, le dimanche mai dernier à la cérémonie d'investiture.

Boni Yayi, siégera finalement au sein du Sénat en qualité de membre de droit, apprend Africaho d’une source proche de l’ancien chef de l’État. Après un premier refus, l’ex leader des démocrates a posé des conditions pour rejoindre Patrice Talon et Nicéphore Soglo comme anciens présidents de la République à la Chambre haute, dont l’installation est attendue le 30 juillet prochain.

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Bénin : Boni Yayi dit oui au Sénat, mais pas sans conditions

Du refus catégorique au retournement de veste, Boni Yayi va porter le titre de Sénateur au Bénin. Après avoir rejeté et critiqué la philosophie qui a conduit l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain a adopté l’instauration du Sénat dans l’architecture institutionnelle, l’ancien président du parti d’opposition Les Démocrates est revenu sur sa position, confirme à Africaho, une source proche.

En novembre 2025, Boni Yayi avait été on ne peut plus clair. « La création d’un Sénat n’est ni opportune ni légitime. Elle constitue une initiative antidémocratique, contraire aux principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et au bon fonctionnement de nos institutions ». Il avait même affirmé, sans ambiguïté qu’il n’y siègerait pas. « Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette institution comme membre de droit ni cautionner un tel projet, dont le dessein véritable semble être de modifier la nature même de notre régime politique. », avait-il tancé.

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Des mots forts, d’autant que l’ancien chef de l’État avait également fait valoir que la réforme s’inscrivait dans un « climat d’exclusion qui fragilise la cohésion sociale et compromet la sérénité du débat républicain ». Plus loin, il martèle même que le Sénat était une dérive institutionnelle qui mettait « en péril les acquis démocratiques chèrement obtenus par le peuple béninois au prix de tant de sacrifices ».

“Le président Yayi va siéger. Il nous l’a confirmé lui-même”

Contrairement à ses propos à l’annonce de la création de l’institution dont Nicéphore Soglo est doyen d’âge, Boni Yayi au regard de certaines considérations va finalement siéger au même titre aux côtés de Patrice Talon en tant qu’ancien président, assure notre source. “Le président Yayi va siéger. Il nous l’a confirmés lui-meme”, nous a confiés notre source.

D’ailleurs, le 24 mai dernier, l’ex leader des démocrates avait répondu présent à l’invitation du président Romuald Wadagni pour son investiture au Palais des Congrès de Cotonou. Un pas qui a d’ailleurs été salué et qui a porté l’annonce de ce que les lignes bougeaient. La confirmation de sa présence au Sénat n’en est alors que la suite logique.

Yayi a accepté de siéger, mais pose des conditions

Si Boni Yayi a décidé de rejoindre l’institution, ce n’est pas sans conditions. Selon notre source, l’ancien chef de l’État aurait posé des conditions notamment à Romuald Wadagni personnellement avant d’accepter de siéger. La nature exacte de ces exigences n’a pas été rendue publique, mais elles témoignent de la volonté de l’opposant à Patrice Talon de ne pas rejoindre la nouvelle chambre haute dans un rôle purement décoratif.

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Notre source ajoute que l’ancien chef de l’État a formulé plusieurs attentes à l’endroit du nouvel exécutif. Ces exigences porteraient notamment sur la poursuite de la décrispation de la vie politique, le respect des libertés publiques, la libération des détenus politiques et le retour des certains exilés.

 Au Bénin, le Sénat sera installé le 30 juillet prochain à l’Assemblée nationale à Porto-Novo. L’institution compte 25 membres qui sont des membres de droit et d’autres nommées à la fois par le président de la République et l’Assemblée nationale. La présence de Boni Yayi au sein de l’institutionnelle devrait-elle être perçue comme une adhésion à la réforme qu’il avait combattue, ou simplement comme une volonté d’exercer les responsabilités que lui confère désormais la Constitution en tant qu’ancien président de la République ? À chacun de faire son opinion personnelle.

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