Révision de la constitution au Zimbabwe : le président Mnangagwa maintenu au pouvoir jusqu’en 2030

Paul Danongbe
3 min
Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwé

Au Zimbabwe, le Sénat a adopté mercredi 24 juin une réforme constitutionnelle qui prolonge de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa. D’autres modifications ont également été adoptées.

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Réforme constitutionnelle au Zimbabwe : le suffrage direct pour la présidentielle supprimé

Après l’Assemblée, le Sénat entérine la refonte du système politique zimbabwéen. Réunis en séance plénière, les sénateurs ont largement approuvé le texte. Selon la présidente du Sénat, Mabel Chinamona, citée par plusieurs médias locaux consultés par Africaho, 75 parlementaires ont voté en faveur de la réforme contre seulement quatre oppositions. Une adoption qui ouvre désormais la voie à la promulgation du texte par le chef de l’État.

Première conséquence, le président Emmerson Mnangagwa est maintenu au pouvoir jusqu’en 2030. Âgé de 83 ans, ce dernier est à la tête du Zimbabwe depuis novembre 2017, après la chute de Robert Mugabe à l’issue d’une intervention décisive de l’armée. Grâce à cette réforme, son maintien à la magistrature suprême sera prolongé jusqu’en 2030, portant à douze années son passage à la tête du pays.

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Présentée par le pouvoir comme une mesure destinée à préserver la stabilité institutionnelle, la révision constitutionnelle constitue l’un des changements politiques les plus importants intervenus au Zimbabwe ces dernières années.

Cependant, c’est une réforme qui bouleverse le système électoral au Zimbabwé. Car, au-delà de la prolongation des mandats en cours, le texte introduit également plusieurs autres modifications. Et la plus controversée concerne d’ailleurs la suppression de l’élection présidentielle au suffrage universel direct, en vigueur depuis 1987.

Si la réforme entre en application, le futur président ne sera plus élu directement par les citoyens mais désigné par les parlementaires. Le mandat des députés sera également prolongé de deux années, renforçant davantage le rôle du Parlement dans le fonctionnement des institutions.

Un « coup d’État constitutionnel » selon l’opposition

Au sein des forces politiques opposées au pouvoir Mnangagwa, la présente révision ne fait cependant pas l’unanimité. Les partis d’opposition y voient une remise en cause des acquis démocratiques et accusent le pouvoir de vouloir consolider son emprise sur les institutions.

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Plusieurs responsables politiques ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel ». L’opposition affirme également avoir subi des pressions et des intimidations au cours du processus. Elle rappelle notamment l’arrestation en mars dernier de Tendai Biti, ancien ministre des Finances et figure de proue de la contestation politique.

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