La réunion délocalisée de la commission mixte de la CEDEAO sur les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) se poursuit à Cotonou. Plusieurs obstacles structurels à leur développement ont été mis en lumière, mardi 28 juillet 2026 avec des propositions concrètes pour y remédier.
CEDEAO : la BIDC veut réduire les risques pour ouvrir les robinets du financement
Les députés du parlement de la CEDEAO continuent de réfléchir sur les micro, petites et moyennes entreprises dans les 12 Etats membres de l’organisation sous régionale ouest africaine. La représentante de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a présenté les instruments financiers mobilisés par l’institution pour soutenir les MPME : prêts à moyen et long terme, lignes de crédit aux institutions financières locales, garanties, facilités de financement du commerce, prises de participation et assistance technique.
Mais l’accent a surtout été mis sur les mécanismes d’atténuation des risques. « Les mécanismes d’atténuation des risques constituent un levier essentiel pour stimuler l’investissement privé, renforcer la compétitivité des entreprises et accélérer l’intégration économique régionale », a-t-elle affirmé.
Normes et certification : l’Afrique de l’Ouest doit rattraper son retard
Cassir Shola Badarou Anta a soulevé un autre frein majeur : l’insuffisante prise en compte des normes, de la qualité et de la certification dans les stratégies d’intégration régionale. Prenant l’exemple de la Chine et de la Corée du Sud, qui ont bâti leur compétitivité industrielle sur des systèmes solides de normalisation, il a plaidé pour une harmonisation des normes au sein de la CEDEAO.
L’objectif : qu’un produit certifié dans un État membre soit automatiquement reconnu dans l’ensemble de l’espace communautaire, réduisant ainsi les coûts pour les entreprises et les barrières non tarifaires aux échanges. « L’intégration régionale passera inévitablement par la qualité, la normalisation et la certification », a-t-il insisté.
Les parlementaires veulent passer du texte au terrain
Les débats ont également mis en lumière le décalage persistant entre les ambitions affichées par la CEDEAO et la réalité vécue par les opérateurs économiques. Contrôles aux frontières, procédures administratives et obstacles non tarifaires continuent de ralentir les échanges entre États membres. Le député Taa Wongbe a appelé ses collègues à renforcer leur rôle de contrôle : « Il faut mettre en place une commission parlementaire régionale qui puisse aller sur le terrain, identifier les obstacles et pousser les gouvernements à engager des réformes concrètes. »
Le député nigérian Dr Bashiru Dawodu a abondé dans le même sens, estimant que le principal défi de la CEDEAO n’est plus l’élaboration des politiques, mais leur application effective.
Financement du fonds de roulement et gouvernance en débat
Une table ronde consacrée à l’intégration des MPME dans les chaînes de valeur régionales formelles a d’ailleurs conclu les échanges. Claudia Noutai, auditrice et chargée de gestion au cabinet VIPRIN, a plaidé pour la création d’un mécanisme spécifique de financement des fonds de roulement et pour l’intégration d’un système d’audit et de gouvernance garantissant la transparence et la pérennité des dispositifs d’accompagnement.
Les travaux se poursuivent jusqu’au 31 juillet, avec l’objectif d’identifier des solutions concrètes capables de faire des MPME un véritable pilier de l’intégration économique ouest-africaine. Des recommandations seront par ailleurs formulées à l’endroit des États membres apprend-on
