Monique Barbut avait annoncé qu’elle présenterait sa démission au président de la République, au lendemain de l’adoption par le Parlement d’une mesure controversée sur les pesticides qu’elle combattait. Mais Emmanuel Macron « ne l’a pas acceptée », a annoncé son cabinet à l’AFP.
France: Monique Barbut reste finalement ministre de la Transition écologique
La ministre de la Transition écologique a finalement décidé de « poursuivre sa mission à la demande » du président, « qui l’a assurée de son soutien ». Le feuilleton n’aura finalement duré que quelques heures donc. Tout est parti du projet de loi d’urgence agricole adopté mardi 21 juillet, qui prévoit la possibilité pour l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) de réintroduire, sous conditions, l’acétamipride et le flupyradifurone pour certaines filières en difficulté, dont celles des noisettes et de la betterave. Ces deux substances étaient interdites en France depuis 2016, même si elles demeurent autorisées dans d’autres pays de l’Union européenne.
Pour Monique Barbut, c’était un recul inacceptable. « Contrairement aux engagements qui m’avaient été donnés, le gouvernement a empêché le débat autour de la suppression de cette mesure, pourtant souhaitée également par les députés », avait-elle écrit sur LinkedIn, estimant que « ce revirement constitue le recul environnemental de trop ». Elle avait également rappelé que « dix ans après l’interdiction de l’acétamipride au nom du principe de précaution, les études scientifiques continuent d’alimenter les doutes sur ses effets pour la santé humaine et l’environnement ».
Un désaccord maintenu, mais une mission poursuivie
En acceptant de rester, Monique Barbut n’a pas pour autant renoncé à ses convictions. Son cabinet a précisé qu’elle avait « confirmé son désaccord sur la version définitive du projet de loi d’urgence agricole » avec la mesure controversée sur les pesticides. Si elle reste au gouvernement, c’est « face à l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique qui frappent durement notre pays et pour répondre aux enjeux de santé environnementale ».
Ce n’est pas la première fois que Monique Barbut pousse la porte sans la franchir. En janvier, elle avait déjà mis sa démission en jeu sur la question des projets de recherche d’hydrocarbures dans les territoires ultramarins, avant de remporter l’arbitrage gouvernemental. Sur les budgets de son ministère, elle avait également bataillé ferme. Cette fois encore, Macron a choisi de la retenir. Mais jusqu’à quand ?
