Industrialisation en Afrique de l’Ouest : le Bénin fait trois propositions à la CEDEAO

Paul Danongbe
4 min
Alvyne Alia, directrice générale de l'Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME Bénin), lundi 27 juillet 2026 à l'occasion de la réunion délocalisée de la Commission mixte du Parlement de la CEDEAO à Cotonou. @Ecowas-Africaho

Au Bénin, Alvyne Alia, Directrice générale de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME) a rendu publiques, trois propositions du Bénin pour le renforcement du rôle des micro, petites et moyennes entreprises comme moteurs formels des chaînes de valeur régionales de la CEDEAO. C’était à l’occasion de la réunion délocalisée de la Commission mixte du parlement de la CEDEAO tenue à Cotonou.

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CEDEAO : le Bénin valorise sa stratégie nationale pour la compétitivité des MPME

Le Bénin s’est positionné comme un acteur proactif dans le débat sur l’industrialisation en Afrique de l’Ouest. Lors d’une présentation devant la CEDEAO, la directrice générale de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME Bénin), Alvyne Alia, a dressé un état des lieux des défis auxquels font face les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) dans l’espace communautaire, avant de soumettre six recommandations concrètes pour accélérer leur formalisation et renforcer l’intégration économique régionale.

Selon sa présentation, les MPME sont un secteur crucial mais fragilisé. Les micro, petites et moyennes entreprises constituent un pilier essentiel de l’économie ouest-africaine. Pourtant, selon la directrice générale de l’ADPME, elles fonctionnent majoritairement dans l’informel, ce qui freine leur contribution à une croissance structurée. À cela s’ajoutent l’insuffisance des infrastructures, l’absence d’harmonisation des normes entre États membres et les difficultés d’accès au financement, autant d’obstacles qui limitent le développement du commerce intra-CEDEAO.

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La GDIZ, vitrine du modèle béninois

Pour illustrer les possibilités offertes par une politique industrielle volontariste, Alvyne Alia a mis en avant l’expérience de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). En moins de trois ans de fonctionnement, la zone est passée de 14 000 emplois directs en 2024 à plus de 20 000 aujourd’hui. L’objectif à l’horizon 2030 est d’atteindre 300 000 emplois. Ce résultat, présenté comme un modèle de réussite, repose sur une stratégie nationale articulée autour de trois défis prioritaires. Il s’agit notamment de l’accès au financement, l’amélioration de l’approvisionnement énergétique et la création de champions nationaux.

Trois propositions pour la CEDEAO

Fort de cette expérience, le Bénin a soumis lors de la réunion délocalisée de la commission mixte du Parlement de la CEDEAO, trois principales recommandations à l’organisation sous-régionale ouest africaine. La première consiste à créer des pôles industriels régionaux fait d’écosystèmes complets.  Ces écosystèmes, rappelle Alvyne Alia devront prendre en compte une énergie stable, des infrastructures routières et portuaires, la formation-insertion liée aux besoins des usines. Ces pôles seront par sous-région et non individualisés dans chacun des 12 États membres de la CEDEAO.

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La deuxième proposition porte sur le renforcement des infrastructures et l’intégration régionale. Ce qui passe par l’harmonisation des normes et certifications entre les États membres, condition indispensable à la fluidité des échanges intra-régionaux. Au final, il faudra acter véritablement la fluidité des corridors entre les États membres. Ainsi donc, routes, ports, aéroports et mêmes les rails seront connectés pour lever les barrages dans les 12 États membres.

Alvyne Alia a conclu en insistant que ces propositions béninoises s’inscrivent dans une vision d’ensemble. Selon elle, les 12 Etats membres de la CEDEAO gagneraient à les adopter afin de faire des pôles industriels le levier d’une intégration économique régionale plus inclusive, plus formelle et davantage créatrice d’emplois pour les populations ouest-africaines.

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