Au Bénin, le gouvernement a procédé samedi 10 septembre à Cotonou, à la diffusion des résultats de la mise à jour de l’Évaluation nationale des risques (Enr). C’est un exercice destiné à mieux identifier les menaces financières et à préparer le pays à sa prochaine évaluation mutuelle prévue en 2028.
Lutte contre les flux financiers illicites : le Bénin veut transformer ses réformes en résultats
Le Bénin renforce son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Après la première édition de l’évaluation mutuelle du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), le pays désormais dirigé par Romuald Wadagni s’apprête pour la deuxième édition. Adoptée en février 2026, cette deuxième évaluation nationale, constitue une étape importante dans les dispositions prises par le Bénin pour limiter l’utilisation de son territoire à des fins de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération.
Selon nos confrères de La Nation, la démarche s’inscrit dans la préparation de l’évaluation conduite par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), dont la mission sur place est attendue en février 2028. La phase technique devrait démarrer en juin 2027.
Des risques mieux identifiés par la Centif
Selon la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), cité par le quotidien de service public, la mise à jour de l’Enr permet d’approfondir l’analyse des menaces et des vulnérabilités auxquelles le pays est exposé. Entre 2018 et 2026 par exemple, le niveau de menace lié au blanchiment de capitaux, les vulnérabilités résiduelles et le risque résiduel sont ainsi passés d’un niveau élevé à un niveau moyen.
La situation est toutefois différente concernant le financement du terrorisme. Alors que la menace était jugée faible en 2018, elle est désormais évaluée à un niveau moyen. Les vulnérabilités résiduelles, auparavant élevées, ont également été ramenées à un niveau moyen. Le risque résiduel lié au financement de la prolifération, évalué pour la première fois, se situe lui aussi à un niveau moyen.
Ces résultats mettent en évidence la nécessité de poursuivre les efforts, notamment face aux pressions sécuritaires dans les zones frontalières septentrionales, à l’usage des espèces, au poids de l’économie informelle et aux flux financiers transfrontaliers.
Des réformes à traduire en résultats concrets
Au-delà de l’identification des risques, le défi consiste désormais à démontrer l’efficacité du dispositif. En 2025, la Centif a reçu 529 déclarations d’opérations suspectes, dont 25,3 % étaient jugées de mauvaise qualité. Elle a également produit 154 notes de renseignement et transmis sept rapports à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
La même année, 11 déclarations d’opérations suspectes liées au financement du terrorisme ont été enregistrées, contre une seule en 2024. Cette progression pourrait notamment refléter une meilleure prise en compte de cette menace par les entités déclarantes. Le ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yènoussi, a insisté sur les enjeux de cette mobilisation, affirmant que la lutte contre les flux financiers illicites « touche directement à la souveraineté de l’État ».
Il a également rappelé que « les véritables défis commencent maintenant », en appelant à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération pour la période 2026-2030.
Le Bénin dispose notamment d’un cadre juridique fondé sur la loi n° 2024-01 du 20 février 2024. Les priorités portent désormais sur l’effectivité de la supervision, l’amélioration de la qualité des déclarations, le renforcement des enquêtes et des poursuites, ainsi que la confiscation des avoirs criminels.
