Sénégal : le remboursement de la dette de l’État aux entreprises fait grincer des dents

Paul Danongbe
3 min
Ahmadou Al Aminou Lo, Premier ministre du Sénégal. @Médias locaux

L’État sénégalais se donne trois ans pour apurer sa dette envers les entreprises privées, estimée à plus de 1 400 milliards de francs CFA. Une annonce qui ne convainc pas totalement le secteur privé, qui réclame un règlement plus rapide des arriérés accumulés depuis plusieurs années.

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Sénégal : 1 400 milliards FCFA de dette, les entreprises réclament un remboursement plus rapide

Le secteur privé sénégalais réclame un règlement en deux ans en ce qui concerne la dette intérieure. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô avait récemment annoncé un premier remboursement de 300 milliards de francs CFA d’ici à la fin de cette année 2026. Et le reste de la dette devrait être progressivement réglé sur les trois prochaines années.

Mais pour plusieurs organisations patronales et professionnelles, ce calendrier arrive tardivement. Depuis 2021, les retards de paiement de l’État fragilisent particulièrement les entreprises dépendantes de la commande publique.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics figure parmi les plus touchés. Selon Diaraf Alassane Ndao, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du BTP, de nombreuses entreprises peinent désormais à maintenir leurs activités.

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« Depuis deux ans, les entreprises ne tiennent plus », déplore-t-il, évoquant des chantiers à l’arrêt et une quasi-absence de nouveaux investissements.

Le secteur privé réclame un règlement accéléré

Face à cette situation, les organisations patronales plaident pour des mécanismes permettant de réduire plus rapidement le stock d’arriérés.

Le président de la Fédération nationale des industries du Sénégal, Alla Sène Gueye, propose notamment de compenser une partie des créances détenues sur l’État avec les obligations fiscales des entreprises. Les sommes dues au titre de la TVA ou de l’impôt sur les bénéfices pourraient ainsi être déduites des créances.

Pour le responsable patronal, le délai de trois ans devrait être ramené à deux ans afin de redonner rapidement de l’oxygène aux entreprises et contribuer à la relance de l’économie. Ces propositions figurent notamment parmi les pistes contenues dans un « livre blanc » remis au président Bassirou Diomaye Faye le 17 septembre. Le document rassemble les principales attentes du secteur privé, confronté à une conjoncture difficile et qui demande désormais des mesures concrètes pour reprendre pleinement ses activités.

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