Tracasseries aux frontières dans la CEDEAO : les commerçantes du marché PK3 proposent une taxe unique

Paul Danongbe
4 min
Les députés du Parlement de la CEDEAO en réunion publique avec les commerçantes du marché PK3 de Cotonou@Africaho

Les commerçants et commerçantes du marché moderne de PK3 de Cotonou au Bénin ont plaidé pour la mise en place d’une plateforme de taxation unique aux frontières des États membres de la CEDEAO. Une mesure qui, selon eux, permettrait de réduire les rançonnements et les tracasseries qui entravent le commerce intracommunautaire.

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Libre circulation en Afrique de l’Ouest : les commerçantes du marché PK3 interpellent le Parlement de la CEDEAO !

Les difficultés liées au commerce transfrontalier ont été au cœur des échanges entre les députés du Parlement de la CEDEAO et les usagers du marché moderne de PK3 jeudi 30 juillet à Cotonou. En réunion publique dans le cadre de la réunion délocalisée de la commission mixte de l’institution parlementaire ouest-africaine, les commerçants et commerçantes ont exposé les obstacles auxquels ils sont confrontés lors de leurs déplacements à travers les frontières de l’espace communautaire.

Parmi les principales préoccupations soulevées figurent les tracasseries policières et douanières, les fouilles répétitives, les prélèvements multiples et les taxations jugées exorbitantes. Les commerçantes ont également dénoncé des cas de rançonnement ainsi que la non-reconnaissance de certaines pièces d’identité au niveau de certaines frontières.

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Une seule taxe pour plusieurs frontières

Face à ces difficultés, les acteurs du commerce transfrontalier ont formulé une proposition concrète : la création d’une plateforme communautaire de prélèvement d’une taxe unique aux frontières des États membres de la CEDEAO.

Le principe proposé est simple : un commerçant effectue un seul paiement et reçoit un justificatif reconnu tout au long de son parcours dans l’espace communautaire. Il ne serait donc plus contraint de s’acquitter de multiples taxes à chaque passage frontalier.

Pour les commerçants, un tel mécanisme pourrait contribuer à limiter les paiements informels, réduire les risques de rançonnement et rendre les opérations commerciales plus fluides. Il permettrait également d’améliorer la traçabilité des prélèvements effectués aux frontières et de renforcer la transparence dans les échanges intracommunautaires.

Cette proposition intervient dans un contexte où la libre circulation des personnes et des biens, pourtant consacrée comme l’un des objectifs majeurs de l’intégration ouest-africaine, reste confrontée à des difficultés pratiques sur le terrain.

Le Parlement de la CEDEAO prend acte

Cécile Ahouménou, cheffe de la délégation béninoise et ses collègues ouest-africains ont pris note de la proposition formulée par les commerçants. L’institution a reconnu la pertinence des préoccupations exprimées et s’est engagée à les porter auprès des instances compétentes.

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La mise en place d’une plateforme technologique de taxation unique ne relevant pas directement des prérogatives du Parlement, les élus ont toutefois assuré qu’ils transmettraient cette proposition aux autorités et structures habilitées à en étudier la faisabilité et les modalités techniques.

Au-delà de la question fiscale, les parlementaires ont également promis de formuler des recommandations à l’endroit de la Conférence des chefs d’État et de travailler avec les autorités compétentes afin de contribuer à la levée des différents obstacles signalés par les commerçants.

La proposition d’une taxe unique apparaît ainsi comme une piste avancée par les principaux acteurs du commerce intracommunautaire pour rendre plus effective la libre circulation des biens et des personnes. Sa mise en œuvre éventuelle pourrait constituer un pas supplémentaire vers une meilleure intégration économique de l’espace ouest-africain, dont le secteur informel constitue l’un des moteurs essentiels.

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