Au Sénégal, une réforme envisage de sanctionner les députés absentéistes jusqu’à la démission d’office

Mohamed Fousso
3 min
Assemblée nationale du Sénégal.

L’Assemblée nationale du Sénégal s’apprête à examiner une réforme visant à durcir les règles contre l’absentéisme parlementaire. La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains se réunit ce mercredi 6 mai 2026 pour étudier une proposition de loi organique prévoyant des sanctions progressives à l’encontre des députés absents sans justification.

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Sénégal : vers la démission automatique des députés trop absents ?

Les députés sénégalais souvent absents en plénière à l’Assemblée nationale risquent désormais gros. Une loi inscrite sous le numéro 10/2026, porte sur la modification de l’article 118 du Règlement intérieur de l’institution parlementaire. Ce texte introduit un mécanisme de sanctions graduées pouvant aller jusqu’à la perte du mandat du député, rapporte Senenews.

Selon le dispositif proposé, tout député totalisant six absences non justifiées aux séances plénières se verrait infliger une retenue équivalente à la moitié de son indemnité parlementaire. À huit absences, la sanction passerait à la suspension totale de cette indemnité. Au-delà de dix absences sans motif légitime, la réforme prévoit le constat de la démission d’office de l’élu concerné.

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L’examen en commission se déroulera dans la salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment de l’Assemblée nationale à Dakar. Le texte doit ensuite être soumis en séance plénière dès le vendredi 8 mai.

Présentée par ses promoteurs comme une mesure destinée à renforcer l’assiduité et l’implication des élus dans les travaux parlementaires, la réforme avait été déclarée recevable le 9 avril par le président de l’Assemblée nationale. Elle a depuis fait l’objet d’ajustements techniques avant son inscription à l’ordre du jour de la commission compétente.

Au-delà de la question de l’absentéisme, la révision de l’article 118 pourrait également avoir des implications sur le régime des incompatibilités entre mandat parlementaire et autres fonctions publiques ou privées, même si cet aspect n’a pas été détaillé dans les éléments disponibles.

Un nouveau texte en plein conflit entre Diomaye Faye et Sonko

L’examen de cette réforme intervient dans un contexte parlementaire marqué par plusieurs révisions institutionnelles engagées depuis le début de la législature.

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Le 28 avril dernier, les députés ont adopté à une large majorité une modification controversée du Code électoral, portée par le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes. Ce texte, relatif aux conditions d’inéligibilité, avait suscité de vives critiques de l’opposition, certains élus le jugeant « politiquement suspect et juridiquement fragile ».

Dominée par la majorité PASTEF depuis les législatives anticipées de novembre 2024, l’Assemblée nationale sénégalaise poursuit ainsi un vaste chantier de réformes institutionnelles.

Dans un pays où l’assiduité des parlementaires fait régulièrement débat, la proposition de loi sur l’absentéisme pourrait rapidement devenir l’un des textes les plus scrutés de cette session parlementaire.

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