Ibrahim Zigui respire à nouveau l’air libre. Le cyberactiviste ivoirien de 26 ans, proche du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a été remis en liberté provisoire le 6 juillet sur décision de la cour d’appel d’Abidjan.
Ibrahim Zigui : l’influenceur pro-Gbagbo libre de ses mouvements
En Côte d’Ivoire, l’influenceur pro-Gbagbo Ibrahim Zigui est désormais en liberté provisoire. C’est son avocat, Me Ange Rodrigue Dadjé, qui a annoncé la nouvelle en remerciant « les autorités ivoiriennes et la justice pour leur clémence ». L’influenceur pro-Gbagbo avait été condamné en mai à cinq ans de prison ferme pour « provocation à l’insurrection » et « troubles à l’ordre public », assortis d’une amende de 20 millions de francs CFA.
Une peine sévère pour cet influenceur très suivi sur les réseaux sociaux, avec 600 000 abonnés sur TikTok et 250 000 sur Facebook, et que le PPA-CI présentait en effet comme l’un des visages emblématiques de la répression qu’elle dénonce sans relâche.
C’est donc un appel au rassemblement qui lui a coûté cher. Selon nos informations, tout avait commencé fin août 2025, quand le jeune homme avait appelé les Ivoiriens à se rassembler dans les espaces publics le 8 septembre, vêtus du maillot de l’équipe nationale, jour de la publication par le Conseil constitutionnel de la liste définitive des candidats à la présidentielle d’octobre. Une liste dont on savait d’avance qu’elle exclurait Laurent Gbagbo et le président du PDCI Tidjane Thiam, tous deux radiés des registres électoraux.
Dans la nuit du 1er au 2 septembre, Ibrahim Zigui avait disparu. Sa famille avait aussitôt déposé une plainte pour « enlèvement et séquestration » avant qu’il ne réapparaisse au pôle pénitentiaire d’Abidjan. Parmi ceux qui lui avaient apporté leur soutien figurait l’épouse de l’ancien chef de l’État, Nadiany Bamba Gbagbo.
Faut-il le dire, depuis plusieurs mois, des dizaines de militants et cadres de l’opposition avaient été arrêtés ou écroués en marge de la présidentielle. Des centaines de personnes, accusées d’avoir participé à des manifestations interdites lors de la campagne, avaient par ailleurs été condamnées pour « troubles à l’ordre public ». Certains proches de l’influenceur ont même réclamé la mise en liberté de ces derniers.
