Hadja Andrée Touré, veuve du premier président guinéen Ahmed Sékou Touré, est décédée ce mercredi au Maroc, où elle recevait des soins depuis plusieurs mois.
Guinée : Mamadi Doumbouya rend hommage à Hadja Andrée Touré
La première dame de l’Indépendance en Guinée n’est plus. Âgée de 91 ans, Hadja Andrée Touré, née en 1934 à Kankan, d’un père médecin militaire français et d’une mère guinéenne, Andrée Touré rencontre Ahmed Sékou Touré au début des années 1950 et l’épouse en juin 1953 a rendu l’âme au Maroc, rapporte GuinéeActu. Cinq ans plus tard, elle devient la première Première dame de la Guinée indépendante, fonction qu’elle occupera jusqu’à la mort de son époux en 1984. Discrète sur le plan politique, elle accompagne néanmoins le chef de l’État lors de ses voyages officiels et assume les fonctions protocolaires avec réserve et dignité.
En mars 1984 où Sékou Touré est décédé a d’ailleurs marqué le début d’un calvaire pour sa veuve. Arrêtée avec son fils après le coup d’État militaire qui suit le décès du président, ses biens sont confisqués. Elle est condamnée en 1987 à une peine de travaux forcés. Libérée en 1988, elle s’exile successivement au Maroc, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, avant de rentrer en Guinée en 2000.
En 2023, elle publie en effet son autobiographie, « Ma vie auprès d’Ahmed Sékou Touré », dans laquelle elle livre son récit de la lutte pour l’indépendance et sa vision de cette période charnière de l’histoire guinéenne.
À l’annonce de sa disparition, l’actuel chef de l’État en Guinée a rendu hommage à celle qu’il qualifie de « témoin privilégié et actrice discrète des heures fondatrices de notre indépendance ». « C’est une part vivante de notre mémoire nationale qui s’éteint », a déclaré Mamadi Doumbouya.
