La Société béninoise d’énergie électrique a tiré la sonnette d’alarme face aux actes de vandalisme sur ses installations et appelle les populations à lutter contre les vols de transformateurs démontés, câbles sectionnés et coffrets de distribution arrachés. Ces actes de vandalisme coutent des milliards selon la SBEE.
La SBEE fait des citoyens ses alliés contre le sabotage de ses installations
Les actes de sabotage visant les installations électriques de la Société béninoise d’Énergie électrique (SBEE) se multiplient au Bénin, avec des conséquences qui s’étendent bien au-delà des seules pannes de courant. Face à l’ampleur du phénomène, la SBEE rejoindre la ligne de défense de ce patrimoine collectif.
Pour Paterne Affo, Directeur technique adjoint Réseau Intérieur de la SBEE Zone Nord, il ne faut pas s’y tromper. « Le vandalisme, c’est du vol. », a-t-il déclaré selon des propos cités par La Nation. Derrière les dégradations se cache le plus souvent la convoitise du cuivre contenu dans les transformateurs et les câbles, revendu ensuite sur des circuits parallèles. Mais ce qui est emporté ne se limite pas à quelques kilogrammes de métal. « Ce sont des infrastructures mises en place pour servir toute la population qui sont attaquées », rappelle-t-il.
Les transformateurs électriques sont les cibles privilégiées. Ces équipements, peu connus du grand public, jouent pourtant un rôle fondamental. Sans eux, l’électricité ne peut tout simplement pas parvenir aux consommateurs. Leur destruction, comme celle des câbles et des coffrets de distribution, prive immédiatement des quartiers entiers de courant, parfois pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Les répercussions ne s’arrêtent pas aux foyers plongés dans le noir. Commerces, ateliers artisanaux, salons de coiffure, moulins, cybercafés et bien plus que toute une chaîne économique s’arrête. Les écoles fonctionnent au ralenti. Les administrations tournent au minimum. Et dans les centres de santé, la situation devient critique. « Les hôpitaux et les centres de santé sont parmi les sites dont la coupure nous affecte le plus », souligne Paterne Affo. L’explosion d’un transformateur à Nikki rappelle d’ailleurs que le danger ne concerne pas uniquement les auteurs des actes que sont surtensions, courts-circuits, incendies. En dehors de ceci, les populations vivant à proximité des installations fragilisées sont également exposées.
Des milliards détournés du développement
Sur le plan financier, le bilan est éloquent. Chaque transformateur détruit doit être intégralement remplacé. Chaque câble volé génère des dépenses imprévues qui grèvent les capacités d’investissement de l’entreprise. « L’argent utilisé pour remplacer les ouvrages vandalisés est autant de ressources qui auraient pu servir à raccorder de nouveaux abonnés ou à renforcer le réseau », déplore le responsable technique. Autrement dit, chaque acte de sabotage retarde l’électrification de nouveaux quartiers et ralentit le développement du pays.
Face à ceci, la vigilance citoyenne, première ligne de défense. Pour la SBEE, il est impossible d’assurer une surveillance permanente de chaque installation sans les populations. C’est pourquoi l’entreprise appelle les Béninois à devenir les premiers gardiens de ces infrastructures. Les agents de la SBEE sont identifiables par leurs tenues officielles, leurs véhicules siglés et leurs cartes professionnelles.
Toute présence suspecte aux abords d’une installation, surtout en dehors des heures habituelles, doit être signalée sans délai aux forces de l’ordre ou au numéro d’appel 7302, mis à la disposition des citoyens par la SBEE. « Le réseau de la SBEE n’est pas seulement le patrimoine de la société. C’est le patrimoine de tout le peuple béninois. L’énergie distribuée est notre énergie. Elle participe au développement du pays et à l’avenir de nos enfants », conclut Paterne Affo.
