Lac Ahémé : le gouvernement Wadagni valide un plan de relance de 1,2 milliard FCFA

Loan Tamin
4 min

Au Bénin, le gouvernement réuni en Conseil des ministres le 3 juin dernier, a approuvé le Plan stratégique de développement 2026-2030 de l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du Lac Ahémé et ses chenaux (Adelac). Une dotation de 1,2 milliards a été affecté pour redonner vie à cet important écosystème dont dépendent des milliers de riverains.

Ad imageAd image

Bénin : le lac Ahémé au cœur d’un plan de sauvetage à 1,2 milliard de francs CFA

C’est le deuxième plus grand plan d’eau du sud du Bénin, après le Lac Nokoué. Avec ses 8 500 hectares s’étendant sur environ 70 kilomètres entre les communes de Kpomassè, Bopa et Comè, le Lac Ahémé fait vivre des milliers de familles depuis des générations. Pêcheurs, mareyeuses, transporteurs, artisans : pour toutes ces populations riveraines, il n’est pas simplement un plan d’eau. C’est une source de revenus, un espace de vie et un patrimoine collectif. Un patrimoine aujourd’hui menacé.

Les signaux d’alarme s’accumulent depuis plusieurs années. L’érosion des berges, l’ensablement progressif, la déforestation, la disparition des mangroves et le recul de la biodiversité ont profondément fragilisé l’écosystème. Des espèces autrefois abondantes ont disparu ou se sont raréfiées, réduisant les revenus de nombreux ménages directement dépendants du lac. Un lac qui alimentait autrefois les marchés béninois et ceux de plusieurs pays voisins en produits halieutiques, et dont l’avenir suscite aujourd’hui de sérieuses inquiétudes.

Lire aussi :  Réhabilitation de l'axe Carrefour Cadjèhoun - Etoile Rouge : les travaux démarrent le 8 juin

C’est dans ce contexte que le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres, le mercredi 3 juin, le Plan stratégique de développement 2026-2030 de l’Agence pour le développement intégré de la zone économique du Lac Ahémé et ses chenaux (Adelac). L’ambition affichée est claire. C’est redonner vie aux plans d’eau, soutenir les activités qui font vivre les riverains et faire de cet espace un moteur de développement économique et touristique.

Trois priorités pour cinq ans

Selon La Nation, le plan s’articule autour de trois grandes orientations stratégiques. La première est la réhabilitation et la valorisation des plans d’eau, avec pour objectif de restaurer les écosystèmes, préserver les ressources naturelles et améliorer durablement les conditions d’exploitation du lac et de ses chenaux. Sans cette base environnementale, aucune activité économique durable n’est possible.

La deuxième priorité concerne le développement de l’économie locale. Pêche, tourisme, commerce, activités connexes. Il s’agit de renforcer ce qui existe tout en favorisant l’émergence de nouvelles initiatives créatrices de richesses et d’emplois pour les populations riveraines. La troisième priorité porte sur l’amélioration de la gouvernance de l’Adelac elle-même, dont la capacité à coordonner les actions et assurer un suivi rigoureux des projets conditionne le succès de l’ensemble du dispositif. Ces trois axes se déclinent en six orientations stratégiques, trois programmes opérationnels et treize actions concrètes sur le terrain.

Lire aussi :  À Abomey-Calavi, le tronçon Godomey-Akassato entre en chantier pour 18 mois

Une feuille de route environnementale complémentaire

Ce plan stratégique s’inscrit en complémentarité avec le Plan d’aménagement et de gestion (PAG) 2024-2034 de l’Aire communautaire de conservation de la biodiversité du lac Ahémé, un espace de plus de 45 000 hectares couvrant 32 villages riverains. Ce document, dont la mise en œuvre est estimée à plus de 1,2 milliard de francs CFA, prévoit notamment le reboisement des zones dégradées, la protection des mangroves, la création de frayères pour favoriser la reproduction des poissons et la lutte contre les occupations anarchiques des berges.
Sa particularité est de placer les communautés locales au cœur du dispositif.

Faut-il le souligner, le Lac Ahémé figure par ailleurs parmi les sites Ramsar, reconnus pour leur importance écologique internationale.

Tags :
Partager cet articles
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *