Un nouvel épisode de tension vient assombrir les relations déjà fragiles entre Le Caire et Addis-Abeba. Au-delà de cette mesure diplomatique se profile un affrontement plus large, mêlant rivalités régionales et différends stratégiques.
L’Égypte contre-attaque après l’expulsion d’un de ses diplomates par l’Éthiopie
Les autorités égyptiennes ont déclaré un diplomate éthiopien « persona non grata ». Elles lui ont accordé 48 heures pour quitter le territoire. Cette décision intervient peu après l’expulsion d’un diplomate égyptien par l’Éthiopie. Le Caire a dénoncé une mesure qu’il considère comme regrettable et dépourvue de justification valable. Cette réaction marque une nouvelle détérioration des relations entre les deux pays, déjà affectées par plusieurs différends majeurs.
Depuis plusieurs années, les rapports entre l’Égypte et l’Éthiopie restent dominés par le dossier du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne. Construit sur le Nil Bleu, ce gigantesque projet hydroélectrique est perçu par Addis-Abeba comme un levier essentiel de développement. L’Égypte, de son côté, estime que ce barrage pourrait affecter ses ressources hydriques et compromettre ses intérêts liés au Fleuve Nil. Malgré de longues négociations, les désaccords persistent entre les deux États.
Des accusations autour d’un retour possible des violences
La crise diplomatique survient également dans un climat régional particulièrement tendu. Cette semaine, l’Éthiopie a accusé l’Égypte, le Soudan et l’Érythrée d’apporter un soutien au Front populaire de libération du Tigré (TPLF). Selon Addis-Abeba, ce mouvement rebelle est impliqué dans de nouvelles hostilités dans plusieurs régions du pays. Ces accusations interviennent alors que la perspective d’une reprise du conflit suscite des inquiétudes dans la Corne de l’Afrique. De quoi ravier la regrettable époque de la guerre menée entre 2020 et 2022 en Éthiopie. Elle avait provoqué l’une des crises les plus meurtrières du continent.
Face à ces affirmations, les autorités égyptiennes ont répliqué avec fermeté. Le Caire accuse l’Éthiopie d’attribuer ses difficultés internes à des acteurs extérieurs plutôt que d’assumer ses propres responsabilités. Cela ne fait que témoigner d’un climat de méfiance grandissant entre les deux capitales. La tension ne se limite plus aux relations entre l’Égypte et l’Éthiopie. Jeudi, Addis-Abeba et Asmara ont également décidé de rompre leurs relations diplomatiques.
Les deux pays s’accusent mutuellement d’encourager l’instabilité et les conflits internes. Dans le même temps, l’Égypte a renforcé ses contacts avec l’Érythrée au cours des derniers mois. Cette recomposition des alliances ajoute une dimension régionale à une crise déjà complexe.
