Alliance des États du Sahel : les dessous d’un rapprochement diplomatique discret avec le Bénin

Paul Danongbe
5 min
Romulad Wadagni et le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, le 26 mai 2026 à la Présidence de la République du Bénin. @PR

Trois ans après sa fermeture unilatérale par Niamey, la frontière terrestre entre le Bénin et le Niger pourrait-elle bientôt rouvrir ? Les relations entre le pays désormais dirigé par Romuald Wadagni et l’ensemble des pays de l’AES pourront-lles être restaurées ? Ces questions reviennent avec insistance depuis la visite à Cotonou du Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine à l’occasion de l’investiture du président béninois Romuald Wadagni.

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Bénin-Niger : vers une réouverture imminente de la frontière après l’investiture de Wadagni ?

Les signaux d’un rapprochement se multiplient de plus en plus entre le Bénin et le Niger. Après des années de tensions depuis le coup d’Etat perpétré le 26 juillet 2023 contre Mohamed Bazoum, la présence remarquée de la délégation nigérienne, aux côtés des représentants du Burkina Faso et du Mali, dimanche 24 mai dernier lors de la cérémonie d’investiture du nouveau Chef d’État Romuald Wadagni, a ravivé les espoirs d’un dégel diplomatique avec non seulement avec le pouvoir du général Abdourahamane Tiani, mais aussi avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). À lui seul, le déplacement du chef du gouvernement nigérien constitue déjà un signal politique fort après plusieurs mois de tensions entre les deux voisins.

Depuis trois ans, la frontière avec le Bénin est demeurée fermée du côté nigérien malgré la levée des sanctions de la CEDEAO et les appels répétés du pouvoir de l’ancien président Patrice Talon à une reprise des échanges. Inutile de rappeler que cette fermeture a fortement affecté les activités économiques dans plusieurs localités frontalières ainsi que le trafic commercial entre le port de Cotonou et le Niger.

Avec nos pays voisins, nous mettrons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale. Le Bénin continuera d’agir pour la stabilité, le dialogue et le respect. À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés tant elle nous réjouit, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois. 

Romuald Wadagni

Mais avec l’arrivée de Romuald Wadagni à la tête du Bénin, plusieurs observateurs estiment qu’une nouvelle dynamique diplomatique pourrait se mettre en place. Et dans son discours d’investiture dimanche au Palais des Congrès de Cotonou, le nouveau président béninois a multiplié les appels au dialogue régional et à la coopération sécuritaire avec les pays voisins confrontés à la menace terroriste.

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“Nous sommes condamnés à travailler ensemble”, a d’ailleurs affirmé Romuald Wadagni devant les délégations sahéliennes présentes à Cotonou à son investiture à la succession de Patrice Talon. Ces propos du Chef de l’Etat béninois réitère ainsi la disponibilité de son administration à agir de concert avec ses voisins pour faire face aux défis sécuritaires.

C’est une nouvelle voie qui s’ouvre. Les populations de nos pays ont toujours été ensemble. Le plus important, c’est de travailler au raffermissement des relations.

Ali Mahamane Lamine Zeine

Les dirigeants de l’AES, aussi favorables au rapprochement diplomatique avec le Bénin

À la tête d’une délégation de l’Alliance des États du Sahel, composée de Karamoko Jean Marie Traoré et Abdoulaye Diop, respectivement ministre des affaires étrangères du Burkina Faso et du Mali, le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine a donné des signaux d’apaisement perceptibles. Selon plusieurs analystes, Niamey semble désormais privilégier une approche plus pragmatique, notamment en raison des enjeux économiques et commerciaux liés à l’accès au corridor béninois.

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Pour autant, la participation des responsables de l’AES à l’investiture de Romuald Wadagni, couplée aux récents échanges diplomatiques engagés dans la sous-région, laisse entrevoir une possible reprise du dialogue politique entre Cotonou et Niamey.

Pendant ce temps, à Ouagadougou, le président du Faso Ibrahim Traoré, actuel président de l’Alliance des États du Sahel recevait récemment le négociateur en chef de la CEDEAO, Lansana Kouyaté, autour des questions de sécurité et de stabilité régionale. Autant de signaux qui alimentent l’idée d’un réchauffement progressif des relations entre les pays de l’AES et certains États de la CEDEAO.

Si pour l’heure où nous mettons sous presse, aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant la réouverture de la frontière Niger-Bénin, l’espoir renaît cependant dans les milieux économiques et au sein des populations frontalières. Pour beaucoup, la séquence diplomatique ouverte dimanche 24 mai dernier à Cotonou est assurément le début du renouement des relations entre le Bénin et l’AES.

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1 Comment
  • Très bien votre article. Une petite erreur de chiffres apparemment. Le coup d’État c’était en 2023 pas en 2026.

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