Depuis le week-end des 17 et 18 octobre 2026, de longues files d’attente se forment devant les stations-service, compliquant les déplacements des automobilistes. Cette situation s’explique notamment par l’insuffisance de la production locale de carburant et la baisse des approvisionnements informels en provenance du Nigeria.
Niger : Niamey à son tour confrontée à une pénurie d’essence
De longues files d’attente devant les stations-service à Niamey. La pénurie d’essence qui affecte le Niger depuis plusieurs semaines gagne désormais Niamey, la capitale. Jusqu’ici relativement épargnée par les difficultés d’approvisionnement observées dans d’autres villes du pays, Niamey subit à son tour les conséquences de la pénurie. Dimanche 18 octobre, plusieurs stations-service étaient prises d’assaut par des automobilistes à la recherche de Super.
Selon des témoignages, certaines stations ont commencé à limiter la quantité de carburant distribuée à 10 litres par personne. « Faire le plein est devenu un combat », a confié un automobiliste, qui dit avoir passé la journée à chercher de l’essence.
En fin de semaine dernière, le ministère nigérien du Commerce avait publié une liste des stations où le produit était encore disponible. Ces points de vente ont rapidement été pris d’assaut face à la forte demande.
Une production insuffisante malgré les ressources pétrolières
Le Niger, pourtant producteur de pétrole, peine à couvrir ses besoins en carburant. La raffinerie de Zinder, la seule en activité dans le pays, produit environ 1,6 million de litres par jour, contre une consommation nationale estimée à 3 millions de litres, selon l’ancien directeur général de la Société nigérienne du pétrole (Sonidep).
Le marché était également approvisionné par du carburant de contrebande en provenance du Nigeria. Mais la suppression des subventions nigérianes sur les produits pétroliers a rendu cette source d’approvisionnement trop coûteuse.
Pour combler le déficit, la Sonidep doit recourir aux importations, relançant la question d’une éventuelle hausse des prix à la pompe. Le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a toutefois écarté cette perspective il y a une dizaine de jours, estimant qu’une augmentation risquerait d’aggraver le coût de la vie.
